par cruijff le Mer 23 Jan 2008 - 14:38
interview de l'equipe
Foot - L1 - Monaco - Gakpé: stop à «la facilité»
L'AS Monaco a profité de la nouvelle année pour prendre de bonnes résolutions et commence déjà à récolter le fruit de son travail. Le club de la Principauté, qui reste sur trois victoires consécutives, a su exploiter départ de Jan Koller, à Nuremberg, pour modifier son animation offensive. Finis les longs ballons en avant à destination du géant tchèque. Désormais, les joueurs de Ricardo construisent et ne s'en remettent plus seulement à leurs individualités pour faire la différence. Témoignage du jeune attaquant de l'ASM, Serge Gakpé.
« Serge Gakpé, trois matches, trois victoires, 2008 commence fort pour Monaco ?
Ça commence bien, mais ça avait aussi été le cas en début de saison. Ça ne nous avait pas empêchés de manquer de régularité et de tomber, par moments, dans la facilité. A nous de ne pas commettre les mêmes erreurs et de garder le cap pour enchaîner de bons résultats.
Votre dernier succès contre Metz (4-1) fait-il office de match référence, avant votre prochain rendez-vous contre Sochaux ?
Ce n'est pas un match référence, mais c'est clair qu'on a développé de bonnes phases de jeu et montré qu'on pouvait jouer ensemble, en équipe. Ça faisait un petit moment qu'on essayait de le faire, mais on restait trop dépendant de nos individualités. On a progressé, même s'il faudra encore confirmer contre Sochaux, une bonne équipe, qui vient de changer d'entraîneur et qui se doit de faire un bon résultat.
Le départ de Jan Koller est-il en partie responsable de ce renouveau sur le plan du jeu ?
Responsable ? (Il réfléchit). Oui, ça joue. Lorsqu'on a, devant, un point d'appui qui fait plus de deux mètres de haut, on a forcément tendance à balancer de longues balles en avant, pour jouer les deuxièmes ballons. C'est d'ailleurs à ce niveau-là qu'on a eu tendance à tomber dans la facilité. On ne faisait plus les mêmes efforts et, même pour le spectacle, ça se ressentait. Depuis son départ, on pose plus le jeu et on construit davantage nos actions. Ceci-dit, je pense qu'avec Jan aussi, ça aurait été possible de le faire...
Vous parliez des individualités. N'avez-vous pas l'impression d'être parfois dépendant du rendement de Jérémy Menez ?
Notamment... C'est vrai que, lui, il a marqué pas mal de buts tout seul. Parfois, c'est bien pour l'équipe, mais il ne faut pas non plus s'en remettre toujours à ce type d'exploit. Si on veut remonter au classement, il faudra construire ensemble. L'objectif c'est d'accrocher l'Europe et pourquoi pas la quatrième place. C'est tout à fait envisageable, à condition de retenir les leçons de nos erreurs passées.
Revenons-en à Jan Koller. Son transfert à Nuremberg devrait normalement vous permettre de vous imposer véritablement à la pointe de l'attaque monégasque ?
Effectivement, ça devrait me permettre d'augmenter mon temps de jeu. C'est une belle opportunité.
Lorsque vous entendez votre entraîneur, Ricardo, déclarer que, dans son esprit, l'attaque type, c'est vous et Piquionne, cela doit vous faire plaisir ?
Oui, c'est sûr. Je sais que je suis capable de m'imposer dans cet effectif et je vais tout faire pour ne pas le décevoir. Depuis un an, j'ai pas mal progressé tactiquement, dans les placements. Il me reste encore à améliorer mon jeu de tête et ma présence devant le but. Mais je pense vraiment que mon duo avec Frédéric Piquionne peut fonctionner. On est assez complémentaire et on commence à bien se connaître depuis un an.
Comment percevez-vous l'éclosion soudaine des jeunes pousses monégasques ? La votre, mais aussi celles des Bakar, Sambou et autres Muratori ?
Nous, les jeunes, on s'est toujours donné à fond aux entraînements. On savait qu'à un moment donné, on nous donnerait notre chance. Il a simplement fallu un peu de temps pour les gens puissent se rendre compte de notre potentiel. En tout cas, moi, ça ne m'étonne pas.
Tous ne bénéficient cependant pas d'un temps de jeu élevé. Ne craignez-vous pas que la tentation de partir, comme l'a fait Malonga (au Torino), ne devienne trop grande pour cette génération dorée ?
C'est sûr que, quand on est jeune, on est peut-être plus impatient. On a envie de jouer tout de suite. A nous de prendre les bonnes décisions et de ne pas partir à l'étranger trop tôt car ça peut être un frein à notre progression. Après ça dépend aussi des joueurs... La preuve, c'est que Malonga joue et fait de bonnes prestations avec le Torino.
Dans votre cas, on vous dit courtisé par Arsenal...
Je ne suis pas au courant. Mais, de toute façon, je suis bien à Monaco. »
Recueilli par Emery TAISNE